mardi 29 avril 2014

Évènement

Chaque année depuis maintenant déjà six ans, je souligne le 25 avril puisque c'est la date à laquelle je suis arrivée au Québec. Désormais je vais pouvoir la fêter avec un événement encore plus particulier parce que ma petite Franco-Québécoise est née le 24 avril en après-midi. L'accouchement s'est fait par césarienne et notre petite famille se porte très bien.

Par contre, je n'ai certes pas fréquenté souvent les hôpitaux en France donc je ne peux pas comparer, mais voici comment se passe le post-accouchement au Centre Mère-Enfant du CHUL à Québec. 
Tout d'abord, quelques semaines avant la fin de la grossesse il a fallu remplir des formulaires de pré-enregistrement sur lesquels notamment on notait quel type de chambre on voulait, soit l'option gratuite (chambre double) ou l'option payante (chambre privée à 185$/nuit). Comme mes assurances ne couvraient pas la totalité du prix de la chambre, on a décidé d'y aller pour la chambre gratuite, ce qui était loin d'être une mauvaise idée (voir explications plus bas). Donc après être sortis du bloc opératoire, puis de la salle de réveil, nous (mon chum, le bébé et moi) avons été conduits dans notre chambre double, mais l'autre lit n'étant pas encore occupé, c'était comme une chambre privée.
Au CHUL, sauf problème de santé, la cohabitation avec bébé se fait 24 heures sur 24, et en cas de césarienne, on demande à ce que la personne qui accompagne la maman soit là également en permanence, jour et nuit. Dans tous les cas, il aurait été difficile qu'il en soit autrement étant donné que j'étais alitée avec une sonde, des perfusions et surtout incapable de me lever les premières heures, donc encore moins m'occuper d'un petit bébé naissant! Le papa s'est donc chargé de changer les couches, de me mettre bébé dans les bras pour l'allaitement, de suivre l'enseignement donné par une infirmière sur le bain (impossible de me rendre dans la salle de bains!) tout en se réservant un 10 minutes chrono pour aller se chercher à manger.

Pour ce qui est des soins apportés au bébé et notamment le changement de couches, tout est à disposition dans le couloir (couches, débarbouillettes, draps, crème, etc..) de même que la literie et les pads absorbants pour la maman. A nous de nous arranger avec ça !

Pour les repas, les deux premiers jours mon chum n'arrêtait pas de me proposer d'aller m'acheter de la bouffe Place Laurier (juste en face de l’hôpital) mais dans ma tête, le plateau repas qu'on me servait m'était "destiné". Jusqu'à ce que je reçoive un repas absolument pas équilibré et fait en majeure partie de glucides, alors que je dois contrôler mon taux de sucre... je me suis finalement fait confirmer par une infirmière que c'est le repas du jour de la cafétéria servi à tout le monde, libre à nous de le prendre ou pas. 

Pour ce qui est de la chambre, de jeudi soir à dimanche après-midi, nous avons eu trois couples colocataires, dont deux en stand-by qu'une chambre privée payante se libère. Les deux fois, ils ont "déménagé" leurs affaires en plein milieu de la nuit donc finalement, même en payant 185$/nuit, ce n'est pas assuré d'avoir une chambre disponible pour la nuit au complet! Inutile de dire que pour nous, le sommeil a été très déconstruit, entre la valse des soins pour moi (médicaments, prises de sang, pression sanguine, contrôle de l'utérus et de la plaie...) puis pour le bébé, puis l'équipe d'entretien qui vient désinfecter au complet la partie de la chambre libérée, et une autre équipe qui vient préparer la chambre pour les prochains qui rentrent...

Seul point qui m'a un peu choquée, c'est au niveau de la médication. J'ai reçu un sachet avec tous mes médicaments oraux pour plusieurs jours et une feuille d'automédication sur laquelle je devais noter l'heure à laquelle je les prenais. J'aurais pu choisir de faire une overdose d'anti-inflammatoires si je voulais !

Enfin on est très heureux que malgré ma grossesse assez compliquée, tout se soit bien déroulé, même s'il a fallu faire une césarienne. Seul bémol, le manque de qualités humaines de certains membres du corps médical, notamment l'obstétricienne de garde ce jour là qui m'a opérée et pour qui j'étais un énième numéro dans sa journée puisqu'elle n'a même pas pris la peine de me dire ne serait-ce qu'un petit mot pour me rassurer... 

Voici donc Annabelle !



lundi 7 avril 2014

Jour de vote

L'obtention de ma citoyenneté canadienne en décembre m'a donné pour la première fois le droit de voter ce matin. En effet, aujourd'hui, c'est jour de vote au Québec pour élire un nouveau Premier Ministre, et donc un nouveau gouvernement. Contrairement à la France, on ne vote pas directement pour le Premier Ministre (qu'on pourrait plus ou moins assimiler au Président en France) mais on vote pour le député de notre circonscription. Ensuite, c'est le chef du parti politique qui a fait élire le plus de députés qui devient automatiquement Premier Ministre.

J'ai noté plusieurs différences au niveau de la tenue du scrutin. Ici, pas de carte d'électeur ni de mailing de masse dans les boites aux lettres avec les programmes des différents candidats. Je pense que les médias ont assez couvert la campagne électorale pour que le citoyen électeur soit informé. On reçoit un carton dans la boite aux lettres avec la liste des personnes habitant à cette adresse et inscrites sur les listes électorales, l'adresse du bureau de vote ainsi que le numéro de section et la liste des documents valides à apporter le jour du scrutin. Il y en a cinq : permis de conduire, carte d'assurance maladie, passeport, carte des Forces Canadiennes (armée) ou carte de statut d'Indien.
A l'entrée du bureau de vote, une première personne dispatche les électeurs selon le numéro de section (dans le bureau de vote, il y avait une trentaine de sections différentes). Au bureau de la section correspondante, trois personnes faisaient les vérifications d'usage, une qui a pris mon permis de conduire et donné mon nom à son voisin qui a coché mon nom dans le registre et la troisième qui ne faisait rien...qui s'assurait de la conformité? On m'a ensuite remis un bulletin avec la liste et la photo des candidats de ma circonscription et je suis passée derrière l'isoloir (sorte de boite en carton) pour faire ma petite croix. Ensuite, j'ai redonné le bulletin (plié en quatre) à la première personne, qui en a détaché une partie pour la conserver et m'a remis l'autre partie pour que je la dépose dans l'urne. Et voilà! Par contre, personne n'a dit le fameux "a voté!"...

vendredi 28 mars 2014

Deux kilos

Petite révolution dans mon épicerie, j'ai enfin pu mettre la main sur un sac de yogourt de... deux kilos! Pour l'instant, je ne lui trouve que des avantages, tant au niveau du prix bien plus économique qu'au niveau écologique puisque moins de déchets... En plus, ça permet de servir la quantité exacte dont on a envie!

Et cerise sur le sundae, c'est un produit d'ici

dimanche 23 mars 2014

Assurance emploi

Les difficultés de ma grossesse m'ont obligée à arrêter de travailler plus tôt que prévu, ce qui me permet de voir pour la première fois comment fonctionne le système d'assurance-emploi au Québec. Etant donné que je suis dans l'incapacité de travailler, ce n'est pas encore le congé de maternité qui est pris en compte mais un congé de maladie, d'où la possibilité de toucher les indemnités de chômage jusqu'au congé de maternité.

Première étape, il faut s'inscrire sur le site du gouvernement pour faire une demande de prestations d'assurance-emploi. Et si on n'a pas internet ou qu'on ne sait pas comment faire, on peut toujours aller directement dans un bureau de Service Canada, mais là aussi, on sera placé devant un ordinateur car toutes les demandes se font en ligne désormais. Quelques jours après la demande, on reçoit par la poste un mot de passe qui permet d'accéder à notre dossier et de suivre son évolution.

Parallèlement à ça, l'employeur doit fournir un relevé d'emploi officiel (du style de ceux que l'on reçoit aux fins d'impôts) sur lequel sont inscrits les dates d'embauche et d'arrêt de travail, les cotisations de l'année à l'assurance-emploi, le revenu admissible, le nombre d'heures travaillées, etc.. Selon l'employeur, il l'envoie directement à Service Canada ou il le remet à l'employé qui doit se débrouiller pour le faire parvenir aussi vite que possible, puisque c'est ce papier qui va déterminer le montant des prestations à recevoir. 

S'en vient l'étape la plus longue, à savoir l'analyse du dossier. Sur le suivi en ligne de mon dossier, il était marqué qu'ils s'efforçaient de traiter ma demande "dans un délai raisonnable". Après recherche sur internet, j'ai finalement trouvé que le délai raisonnable était de 28 jours. Pour ma part, j'ai fait ma demande le 24 février et elle a finalement été approuvée le 21 mars... 
Au niveau des prestations, je suis admissible pour recevoir 55% de mon salaire, rétro-actif à compter du 10 mars car il y a un délai de carence de deux semaines, c'est à dire que les deux premières semaines de mon arrêt sont à mes frais.

Cependant, étant donné que je bénéficie d'avantages sociaux à mon travail et notamment d'une assurance maladie privée (pour laquelle je cotise conjointement avec l'employeur sur mon salaire), c'est cette assurance qui va m'indemniser et non le gouvernement. Si l'assurance privée me versait moins de 55% de mon salaire, le gouvernement comblerait la différence, mais puisque ce n'est pas le cas, le gouvernement ne me versera rien. Il n'empêche que je dois quand même faire des déclarations à chaque semaine pour maintenir mon statut, les aviser que je ne suis toujours pas apte à travailler et leur indiquer le montant que je perçois de mon assurance privée. Là encore, la demande aux assurances a été faite le 24 février et j'ai eu un appel le 20 mars pour dire que mon dossier était accepté, ceci dit, je n'ai toujours pas été payée.

Moralité : il faut toujours avoir un petit peu d'argent de côté parce que même si on est admissible pour recevoir des prestations du gouvernement ou d'assurances privées, et même si les versements sont rétro-actifs, on ne peut jamais être certain à l'avance du délai que va prendre notre dossier pour que tout soit en place. Dans mon cas, presque un mois de retard de salaire.

Bon à savoir : certains médecins réclament des frais (non-remboursables) pour remplir les papiers d'arrêt de travail. A l'hôpital où je suis suivie, j'ai du débourser 40$ !

lundi 17 mars 2014

Saint-Patrick

Aujourd'hui, c'est la Saint-Patrick, la fête des Irlandais. Une autre occasion, s'il en fallait une, de boire de la bière et de fêter. Je ne me souviens pas en avoir entendu parler quand j'étais en France, ça a peut-être changé depuis? Mais en tout cas, au Québec et sur la côte est des États-Unis, c'est une institution !

Plusieurs villes organisent des défilés de la Saint-Patrick, le plus vieux étant à New-York dont le premier défilé remonte à 1762 et il est suivi maintenant par plus de 2 millions de personnes! 
Le défilé de Montréal est le plus vieux du Canada et remonte à 1824 et celui de Québec à 1837. J'entendais ce matin à la radio qu'à Québec, une personne sur deux aurait des origines irlandaises, donc une bonne occasion de participer à la parade qui se tiendra samedi prochain.

Au Québec, la Saint-Patrick marque également la "fin" de l'hiver, ou traditionnellement la dernière grosse tempête de neige. La ville de Lévis a justement annoncé ce matin que la campagne de déneigement se terminait officiellement aujourd'hui, sauf cas de tempête majeure à venir. Mais ceci dit, les -24° au thermomètre à 7 heures ce matin me laissent perplexe quand à l'arrivée prochaine du printemps!

Pour finir et vous mettre dans l'ambiance, un petit peu de folklore irlandais !