Chaque année depuis maintenant déjà six ans, je souligne le 25 avril puisque c'est la date à laquelle je suis arrivée au Québec. Désormais je vais pouvoir la fêter avec un événement encore plus particulier parce que ma petite Franco-Québécoise est née le 24 avril en après-midi. L'accouchement s'est fait par césarienne et notre petite famille se porte très bien.
Par contre, je n'ai certes pas fréquenté souvent les hôpitaux en France donc je ne peux pas comparer, mais voici comment se passe le post-accouchement au Centre Mère-Enfant du CHUL à Québec.
Tout d'abord, quelques semaines avant la fin de la grossesse il a fallu remplir des formulaires de pré-enregistrement sur lesquels notamment on notait quel type de chambre on voulait, soit l'option gratuite (chambre double) ou l'option payante (chambre privée à 185$/nuit). Comme mes assurances ne couvraient pas la totalité du prix de la chambre, on a décidé d'y aller pour la chambre gratuite, ce qui était loin d'être une mauvaise idée (voir explications plus bas). Donc après être sortis du bloc opératoire, puis de la salle de réveil, nous (mon chum, le bébé et moi) avons été conduits dans notre chambre double, mais l'autre lit n'étant pas encore occupé, c'était comme une chambre privée.
Au CHUL, sauf problème de santé, la cohabitation avec bébé se fait 24 heures sur 24, et en cas de césarienne, on demande à ce que la personne qui accompagne la maman soit là également en permanence, jour et nuit. Dans tous les cas, il aurait été difficile qu'il en soit autrement étant donné que j'étais alitée avec une sonde, des perfusions et surtout incapable de me lever les premières heures, donc encore moins m'occuper d'un petit bébé naissant! Le papa s'est donc chargé de changer les couches, de me mettre bébé dans les bras pour l'allaitement, de suivre l'enseignement donné par une infirmière sur le bain (impossible de me rendre dans la salle de bains!) tout en se réservant un 10 minutes chrono pour aller se chercher à manger.
Pour les repas, les deux premiers jours mon chum n'arrêtait pas de me proposer d'aller m'acheter de la bouffe Place Laurier (juste en face de l’hôpital) mais dans ma tête, le plateau repas qu'on me servait m'était "destiné". Jusqu'à ce que je reçoive un repas absolument pas équilibré et fait en majeure partie de glucides, alors que je dois contrôler mon taux de sucre... je me suis finalement fait confirmer par une infirmière que c'est le repas du jour de la cafétéria servi à tout le monde, libre à nous de le prendre ou pas.
Pour ce qui est de la chambre, de jeudi soir à dimanche après-midi, nous avons eu trois couples colocataires, dont deux en stand-by qu'une chambre privée payante se libère. Les deux fois, ils ont "déménagé" leurs affaires en plein milieu de la nuit donc finalement, même en payant 185$/nuit, ce n'est pas assuré d'avoir une chambre disponible pour la nuit au complet! Inutile de dire que pour nous, le sommeil a été très déconstruit, entre la valse des soins pour moi (médicaments, prises de sang, pression sanguine, contrôle de l'utérus et de la plaie...) puis pour le bébé, puis l'équipe d'entretien qui vient désinfecter au complet la partie de la chambre libérée, et une autre équipe qui vient préparer la chambre pour les prochains qui rentrent...
Seul point qui m'a un peu choquée, c'est au niveau de la médication. J'ai reçu un sachet avec tous mes médicaments oraux pour plusieurs jours et une feuille d'automédication sur laquelle je devais noter l'heure à laquelle je les prenais. J'aurais pu choisir de faire une overdose d'anti-inflammatoires si je voulais !
Enfin on est très heureux que malgré ma grossesse assez compliquée, tout se soit bien déroulé, même s'il a fallu faire une césarienne. Seul bémol, le manque de qualités humaines de certains membres du corps médical, notamment l'obstétricienne de garde ce jour là qui m'a opérée et pour qui j'étais un énième numéro dans sa journée puisqu'elle n'a même pas pris la peine de me dire ne serait-ce qu'un petit mot pour me rassurer...
Voici donc Annabelle !